Saison 17-18

2017-2018 Season

[French Content]

Chères abonnées,
Chers abonnés,
Cher public,

Un regard, une invitation à partager avec nous une ultime saison hors les murs dans cette structure éphémère, accueillie non sans scepticisme, à présent tant convoitée et qui nous a déjà fait partager tant d’émotions. Le rideau vient à peine de tomber sur une production de Wozzeck qui a fait l’unanimité. Absent de la scène genevoise depuis plus de 20 ans, pour tous les artistes ce fut une prise de rôle. Quelle expérience, quelle plongée dans un monde malheureusement encore trop présent, sous la houlette de David McVicar, un des metteurs en scène les plus sollicités et les plus acclamés à travers le monde. Cette saison vous a permis de découvrir Der Vampyr, puis l’autre visage de Médée dans Il Giasone, un moment de pure poésie et d’immersion dans le charme baroque, auquel le Ballet du Grand Théâtre nous avait déjà initié. Des moments de plaisir intense partagés, auxquels vous avez été nombreux à répondre présent, MERCI !

À la veille d’une nouvelle production de Così fan tutte, ouvrons l’œil et jetons un regard sur une saison que nous souhaiterions à nouveau surprenante, enrichissante et jouissive. Des œuvres, des artistes et des talents à découvrir ou à redécouvrir dans cet écrin de bois qui nous laissera tant de souvenirs. Toujours ambassadeur de notre Institution et de la Ville de Genève, le Ballet du Grand Théâtre, entre ses nombreuses tournées, vous réserve deux créations chorégraphiques. L’une est centrée autour d’une diva mythique, Maria Callas, entre les mains d’une des grandes prêtresses du Tanztheater, Reinhild Hoffmann, une autre élève, avec Pina Bausch, de Kurt Joos, l’autre vous emmènera dans un tourbillon romantique grâce à des musiques de Schubert, Schumann et Tchaïkovski. L’opéra Alcina avait inauguré l’Opéra des Nations, la danse refermera le livre de la structure éphémère à Genève.

Pour l’opéra, changement dans la continuité, diraient les politiques, mais encore... La fin de l’été et le début de l’automne seront chauds et intenses du côté de la place des Nations. Après avoir accueilli, à nouveau, Teodor Currentzis et l’Ensemble MusicAeterna pour La Clemenza di Tito, qui surprendra assurément, nous vous présenterons la vie de Figaro en trois jours. Rossini, Mozart et Elena Langer, en trois jours, trois chefs d’orchestre, et trois metteurs en scène dans un dispositif scénique unique. Une expérience unique, en attendant la rencontre avec un personnage de Musset, Fantasio, une œuvre de Jacques Offenbach, annonciatrice des Contes d’Hoffmann. Qui dit Faust, dit Goethe qui, aux côtés de Beaumarchais, Musset et Molière témoigne de notre volonté de poursuivre l’illustration des liaisons étroites entre littérature et opéra. Notre coproduction avec notre partenaire privilégié, l’Orchestre de la Suisse Romande, nous donnera une nouvelle approche de ce mythe toujours actuel, celui de Faust. Deux antipodes emblématiques du théâtre italien, Emma Dante et Serena Sinigaglia (Il Giasone), la première d’Italie du Sud et la seconde d’Italie du Nord, continueront à écrire notre histoire du vérisme, ou du naturalisme, hérité d’Émile Zola. Chaque production mériterait quelques mots, nous les souhaitons toutes différentes et polymorphes, capables de susciter votre curiosité et votre enchantement.
Avec une nouvelle production de Don Giovanni, Mozart sera trois fois des nôtres, en compagnie d’Offenbach, de Johann Strauss, de Gounod, de Schumann, de Mascagni, de Leoncavallo et des compositeurs belcantistes qui ont fait chanter Callas et vivre les héroïnes qu’elle a incarnées.
Une fois encore, les stars de la scène internationale ont répondu présent pour vous retrouver ou pour vous découvrir. Sonya Yoncheva, Simon Keenlyside, Nicole Cabell, Willard White, Marie-Nicole Lemieux, Ildebrando D’Arcangelo, David Bösch, Mikhail Petrenko, Ruzan Matashyan, Christian Räth et Nina Stemme, notamment, sont de retour, Reinhild Hoffmann, Dorothea Röschmann, Georges Lavaudant et Melody Louledjian nous rejoignent. Merci pour votre fidélité et rendez-vous pour un nouveau voyage au pays du rêve, de l’imaginaire et de l’âme.

Tobias Richter
Directeur général du Grand Théâtre de Genève