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Saison 18-19

La poésie a son ténor

Portrait de Piotr Beczała

Il a marqué l’actualité de l’été et sauvé Bayreuth. Souvenez-vous, Piotr Beczała a remplacé Roberto Alagna, qui devait chanter pour une triple première : un rôle en allemand, Lohengrin et Bayreuth. La pression trop grande peut-être ? En tous cas les wagnériens ont beaucoup apprécié la prestation du ténor polonais : solaire, raffinée. Une bonne raison pour venir l’écouter le 16 novembre à Genève, aux côtés de Helmut Deutsch au piano.


Piotr Beczała © Jean-Baptiste Millot

Un artiste sans limites
Puccini, Massenet, Wagner, le répertoire de Piotr Beczała est immense. Rodolfo, il l’a chanté au Metropolitan Opera, au Royal Opera House et au Staatsoper Berlin. Il a été Faust à l’Opéra de Paris sous la direction de Michel Plasson (qui a mené le Faust genevois en février dernier mis en scène par Georges Lavaudant) et bientôt au Teatro Real Madrid. Les débuts de sa célébrité, c’est Tamino à l’Opéra national de Paris en 2001, dans la mise en scène onirique, féérique et évocatrice du suisse Benno Besson. 

Un remplaçant de premier plan
Roberto Alagna devait chanter Lohengrin au sommet de la « colline verte » et il s’est désisté. À trois semaines de la première. Heureusement, Piotr Beczała a pris le défi au pied levé pour incarner le rôle-titre dans la nouvelle production de Yuval Sharon. Pour sa première, les éloges ne se sont pas fait attendre : si la mise en scène est descendue par la critique (« une aberration scénique » dixit Le Monde), Piotr Beczała recueille les suffrages : « Un chanteur ? non, un poète » (Diapason), « Une révélation »(Seen and Heard int.), « un des meilleurs tenants du rôle sur les grandes scènes du monde » (ResMusica). 

Piotr Beczała est une de ces voix élégantes, racées, qui gardent une suavité latine. Certains sons ne sont pas chantés, mais murmurés, presque respirés. Dans cette belle maîtrise, expressions et sentiments sont bien présents. À Genève, il chantera avec Helmut Deutsch, un pianiste qui l’accompagne fréquemment. En récital, il aime inviter Schumann, Karłowicz, Dvořák ou encore Rachmaninov. Du premier il chante souvent le Dichterliebe, du second Désillusion, en posant à peine un regard sur le lutrin. Une manière de mieux interagir avec les œuvres… et le public. D’ailleurs, le 8 juillet dernier à Garnier, il a partagé quatre bis avec la salle ! Gageons qu’il saura faire preuve d’une aussi belle générosité avec les amateurs genevois d’opéra !

par Olivier Gurtner


Piotr Beczała en récital, le vendredi 16 novembre 2018 à l'Opéra des Nations

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