Saison 18-19

Liebeslieder Walzer

L'amour à quatre

Durant les 10 saisons de Tobias Richter à la tête du Grand Théâtre les récitals se sont enchaînés, toujours avec des artistes prestigieux qui occupent les grandes scènes internationales. Si les programmes étaient très diversifiés, allant des grands classiques aux lieder plus rarement présentés, la structure de récital restait toujours la même : une ou un soliste accompagné par un pianiste, les plus grands noms du lied se sont donnés rendez-vous sur la scène genevoise pour nous faire partager la quintessence du chant, l’émotion dans sa pureté. Pour le premier récital dans le théâtre rénové, nous vous présentons un quatuor vocal accompagné par deux pianistes.

Des mélodies de Schubert et de Haydn constitueront la première partie du récital. Après l’entracte, nous écouterons les Liebesliederwalzer, opus 52 de Johannes Brahms, des chants d’amour sous forme de valse.

Dix-huit lieds auxquels s’ajoutera un dernier lied de l’opus 65, «Zum Schluss: Nun, ihr Musen, genug» extrait de Goethe, Alexis und Dora : « Et maintenant, Muses, assez ! / En vain tentez-vous de décrire comment joie et tourment se succèdent en un cœur aimant. / Vous ne pouvez certes guérir les blessures qu’Amour a infligées, / Mais c’est de vous seules, ô clémentes, que vient toute consolation.»

Il s’agit d’un grand classique de la littérature romantique servi par un quatuor vocal de haut vol, de jeunes pianistes talentueux. De la gaîté des amourettes au désespoir des cœurs blessés, ces lieds très colorés sont inspirés de la tradition des campagnes viennoises. Composés en 1869, ils expriment la joyeuse attente de l’amour sur les rythmes de valse que la Vienne impériale du XIXème siècle affectionnait tant. Ce sont d’exquises miniatures, tour à tour ironiques, badines, pleines d’humour, ou sincères,  qui empruntent leurs textes à un recueil de poèmes populaires. Les Liebesliederwalzer connurent un immense succès à leur création.

Schumann a régulièrement vanté le talent de Brahms, ils sont devenus très proches. Brahms tomba amoureux de Clara Schumann, mère de six enfants. Elle est de quatorze ans plus âgée que Brahms et elle est la femme de son mentor. À la mort de Schumann, en 1856, Clara s’éloigne de Brahms, c’est la fin de leur romance. Un peu plus tard, Brahms se rend compte de la 3ème fille de Clara et de Robert, Julie, est bien charmante. Il espère l’éventualité d’un mariage que Clara Schumann voit d’un mauvais œil. C’est dans ce contexte qu’il compose les dix-huit Liebeslieder Walzer de l’opus 52 lors d’un séjour à Baden-Baden durant l'été 1869. Quelques jours après avoir composé le dernier lied de l’opus 65, Clara Schumann annonce le mariage de Julie. Bouleversé et profondément blessé et déçu, Johannes Brahms sombre dans la solitude et la mélancolie. Il va tout de même composer, avec rage, en 1874, les quinze Liebeslieder de l’opus 65, également connus sous le titre de Neue Liebeslieder Walzer.

La soprano allemande Marlis Petersen nous avait déjà offert un récital sur la scène de la Place de Neuve. Sur scène, elle brûle les planches, la star internationale excelle dans le répertoire de la mélodie, elle est une Liedersängerin parmi les plus recherchées. Anke Vondung interprète les grands rôles de mezzo-soprano sur les plus grandes scènes du monde, Octavian à la Staatsoper de  Berlin, Cherubino, ou encore Sesto au Met de New York. Le lied est également un domaine de prédilection de l’artiste. Elle propose une interprétation remarquée de l’Italienische Liederbuch en compagnie du ténor Werner Güra qui sera également présent à Genève. Sur scène, il interprète les grands rôles qui correspondent à sa tessiture, mais rapidement il s’est imposé dans le répertoire du lied, très souvent avec son complice Christoph Berner que nous pourrons également apprécier au cours de ce récital. Pour compléter le quatuor Paul Armin Edelmann, le fils du célèbre Otto Edelmann, il ne faut pas le confondre avec son frère, le baryton Peter Edelmann qui a chanté von Eisenstein au cours de la saison 2008-2009. Paul Armin Edelmann  a donné des concerts et des récitals dans de nombreux lieux célèbres, notamment au Vienna Konzerthaus, au Vienna Musikverein, au Festival Hall de Salzbourg, au Bronfman Auditorium Tel Aviv, Philhamonic Hall Varsovie, Brucknerhaus Linz, Salzbourg Mozarteum, Philharmonie Berlin, Cologne Philharmonie, Philharmonie am Gasteig Munich, Konzerthaus Dortmund, Victoria Hall Genève, … Il a a donné des récitals en Autriche, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en France, en Belgique, au Danemark, aux États-Unis, au Canada, en Chine et au Japon.

Il ne vous reste plus qu’à réserver vos places, si vous ne l’avez pas déjà fait…. Laissez-vous séduire par ces lieds et le charme de leurs interprètes.

Par Daniel Dollé
Photos : © Yorgos Mavropoulos / © Monika Rittershaus / © Felecitas Mattern / © DR

Liebeslieder Walzer, 27 février 2019 au Grand Théâtre

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